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Victor De Le Rue est-il le meilleur rider français de tous les temps ?

admin 3 décembre 2014 Honey Bees, Interviews Commentaires fermés sur Victor De Le Rue est-il le meilleur rider français de tous les temps ?

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Victor De Le Rue est devenu la plus grosse star du snowboard français depuis 3 saisons. Si on prend même toute l’histoire du snowboard français, on ne trouve pas beaucoup de riders qui ont eu d’aussi grosses parts dans des productions internationales comme Standard ou Absinthe. Alors même si on aime bien les bords de piste et les mecs qui ne font pas du vrai snowboard, on s’intéresse quand même à ce genre de garçon qui pourrait bien être le meilleur rider français de tous les temps. Et là vous vous demandez si cette interview va répondre à cette question ? Bein non, car on a pensé à ce titre racoleur après coup, histoire d’écrire des conneries dans l’intro. Et connaissant le garçon, il n’allait pas s’autoproclamer meilleur rider de l’histoire. Mais on a parlé de sa carrière, de snowboard et d’autres trucs intéressants avec Victor, l’ancien frère de, devenu grand à l’occasion de la sortie de sa part Rip Curl, montée par notre ami Jon Vital.

Interview Julien Mounier
Photos DR Rip Curl

Je pense t’avoir fait l’une de tes premières interview pour Snowsurf en 2008 en compagnie de Victor Daviet. Comment résumerais-tu rapidement tout ce qu’il s’est passé dans ta carrière depuis ces 6 dernières années?

C’était ma première grosse interview et mon introduction officielle dans la scène snowboard pro. Mais c’était aussi l’interview où on a le plus fait n’importe quoi avec Victor Daviet. Pour les photos de portrait, on se jetait des poissons et de la sauce dessus. C’était en pleine canicule donc ça puait bien dans le hall des bureaux de Snowsurf après. On a dû se doucher dehors au jet d’eau à l’arrache. C’était la meilleure interview ! 6 ans après j’ai toujours autant envie de progresser, faire de belles images et me faire plaisir en ridant. Et réussir dans ce que je fais tout en m’amusant avec mes potes qui sont dans le même délire. Donc tout s’est fait petit à petit et naturellement. J’ai pris de l’expérience et progressé. Chaque année je me suis fixé de nouveaux objectifs. J’ai évolué et saisi des opportunités. J’ai eu de la chance, je ne me suis pas trop blessé et ça s’est bien goupillé.

Vianney

©Vianney Tisseau

Tu commences à être à l’aise en interview et à avoir des réponses toutes faites comme un vrai pro ?

Au début j’étais vraiment à chier. Je me souviens d’un trip avec Rip Curl où je devais parler devant la caméra et je n’y arrivais vraiment pas. Puis j’ai commencé à me dire qu’il fallait que j’arrête de me mettre la pression. Donc même si je suis toujours aussi mauvais, ça passe mieux. Mais j’improvise à chaque fois. C’est sûr que l’on me parle souvent de mon frère et de ma première fois en Alaska donc les réponses se répètent un peu.

Justement, parlons en. En Alaska tu es toujours sous l’aile de ton frère ou tu commences à te débrouiller seul après 3 saisons là-bas ?

Il m’a vraiment bien formé pour mon 1er trip, ça m’a donné les bases. Avec Xavier j’ai surtout fait des grosses lignes freeride. Mais tu es vachement influencé par les gens avec qui tu rides. L’année d’après j’étais avec Absinthe et on a plutôt fait des spots où on remontait à pied. Des choses plus freestyle où on faisait plusieurs runs. Maintenant je commence à me débrouiller un peu à Haines, car au début c’est vraiment impressionnant. Mais l’an prochain je vais y aller avec Rip Curl et ça sera peut être un peu à moi de prendre des décisions et de montrer que je commence à avoir mes marques sur le spot.

Comment tu t’es retrouvé à faire des one foot à fond et d’où vient l’inspiration ? Scott Stevens ou Bode Merrill ?

Mon premier gros trick en one foot ça doit être le pillow dans la Absinthe l’an dernier. L’idée c’est que souvent en backcountry on trouve des spots qui ne sont pas assez gros pour un trick normal. Donc le one foot est la solution pour faire quand même un vrai trick. Et ça me plait de faire des tricks qui n’ont pas trop été fait.

Tu en faisais déjà souvent en park avant ?

Non pas vraiment, j’ai juste fait une journée il y a longtemps sur le park de Saint-Lary. Je me sentais à l’aise et je m’amusais en one foot sur les petites tables donc je me suis lancé sur la plus grosse table. Puis je n’en ai pas fait pendant un moment.

J’ai l’impression que tu ne suis pas trop l’actu du snow à fond. Est-ce qu’il y a des choses qui t’inspirent et d’autres qui te saoulent ?

Quand j’étais plus jeune je ne regardais pas du tout les magazines ou les vidéos. Mais j’essaye maintenant d’être à la page. J’aime tous les gars qui essayent de faire des tricks qui n’ont jamais été fait que ça soit en freeride, en park ou en mini shred. Je pense que tous les styles de ride sont complémentaires et j’ai envie de faire un peu de tout. Niveau inspiration j’aime depuis longtemps le style de Kazu Kokubo. Halldor Helgason c’est un gars dont j’attends la part chaque année car tu sais qu’il va faire des tricks fous, stylés et nouveaux. Pareil pour Bode Merrill, j’adore sa polyvalence. Travis Rice aussi on a toujours envie de voir les nouveaux tricks de débile qu’il nous réserve.

Absinthe c’est Harakiri 2.0 en fait. Comment est-ce de shooter avec tous les Français ?

En effet j’étais avec Victor Daviet, Mathieu Crépel et Mathieu Schaer, que des gars avec qui j’avais déjà shooté. Donc ça ne change pas grand chose, j’avais déjà mes repères. C’est donc à peu près pareil de filmer pour Harakiri que pour Absinthe. La seule différence doit être qu’au lieu de dormir à l’arrache chez un pote de pote à 2 h de la station dans un appart sans électricité, on dort à l’hôtel maintenant !

VDLR - photographe CAM HUNTER

©Rip Curl/Cam Hunter

Tu as l’impression d’avoir une reconnaissance internationale maintenant que tu shootes avec des grosses productions ?

Non pas vraiment. Je ne pense pas que les parts des grosses vidéos aient autant d’impact qu’il y a 6 ou 7 ans. Beaucoup de monde est maintenant capable de créer et diffuser son propre contenu de qualité, donc on regarde une fois les vidéos et on oublie. Mais j’ai quand même l’impression que c’est plus facile pour trouver de nouveaux sponsors depuis que j’ai eu des parts dans les Standard et Absinthe.

Et justement tu as des envies d’être plus présent sur le web ?

Oui à terme je me verrai bien faire des vidéos web histoire que l’on me voit un peu plus régulièrement.

Faire une web vidéo A Branler Crew ?

Ca risque d’être compliqué car on a tous des projets différents, mais je pense que l’on ferra quand même des petits edits de parks de temps en temps quand on se retrouve tous ensemble.

Quelle image ont les riders français à l’étranger d’après toi ?

Je pense que l’on fait surtout les choses dans notre coin. On n’est pas super présent sur les réseaux sociaux comme les Américains et ils ne nous connaissent pas bien, on n’est pas super bien intégré.

Tu penses faire évoluer ton ride vers plus de gros freeride ou tu veux rester polyvalent ?

Chaque année je ride vraiment ce qui me fait plaisir. Quand j’étais plus jeune on me demandait tout le temps si je voulais faire du freeride comme mon frère mais ça ne m’attirait pas plus que ça. Mais c’est vrai que je suis de plus en plus attiré par la pow. Je ne pensais pas faire des grosses faces au début et puis avec l’expérience que je commence à avoir ça m’attire. J’aime toujours rider du park, mais j’ai fait un gros trauma sur un trick stupide à la Poney Session récemment. Ca m’a appris à ne pas prendre de risques inutiles en park. J’ai l’impression d’être un vieux en disant ça mais je ne vais pas essayer un double cork pour le fun si la neige est dure par exemple. Bon pour le 360 back one foot aux 2 Alpes j’ai un peu débranché le cerveau, mais ça a bien marché du coup ! Le street aussi ça me plait, mais j’ai réalisé il y a quelques temps que rester des heures sur un down rail pour plaquer un trick ça n’avait pas d’intérêt. Le côté répétitif me saoule. Mais j’aime le street créatif avec des gros gap de toit par exemple. Depuis qu’il y a les winch, ça ouvre plein de possibilités.

Tu n’as jamais voulu tenter le circuit contest ?

Quand j’étais petit j’en faisais beaucoup. Puis j’ai fait quelques TTR, mais maintenant à part la Poney Session je n’en fais plus. J’ai juste fait les qualifs pour le slopestyle des JO pour avoir mon BE et mon statut d’athlète de haut niveau. Mais je n’y ai jamais cru et honnêtement je n’étais pas au niveau. Ils savent tous faire des double corks en claquant des doigts, ce qui n’est pas mon cas.

VDLR  photographe COLIN ADAIR

On vous confond moins avec Victor Daviet maintenant que vous n’avez plus les mêmes sponsors ? C’était relou au début d’être « Les Victors » ?

Non car on était deux potes avec les mêmes sponsors et les mêmes envies donc c’était cool de percer en même temps. C’est cool que lui aussi ait trouvé un sponsor qui le pousse pour être dans une grosse vidéo et je suis content que l’on puisse encore shooter ensemble.

Surf et skate, tu aimes ça autant que le snow ?

C’est clair que l’été quand je suis à Capbreton ça me fait bien plaisir de surfer avec ma copine. J’essaye de prendre des grosses vagues et pour l’instant je ramasse souvent, mais je kiff. Et le skate j’en fais depuis que je suis tout petit, mais ça devait faire 7 ans que je n’avais pas appris un nouveau trick donc ça me saoulait. Mais en septembre je m’y suis remis et j’ai bien repris goût. Je fais surtout de la courbe et je me fais plaisir.

Les projets pour cette saison ?

Je ne vais plus filmer avec Absinthe, mais peut être avec Transworld qui refont une vidéo et toujours avec Almo également.

Sa part de l’an passé dans la Almo Drôle De Vie

Tu as déjà pensé à ta reconversion ? Tu as envie de continuer à bosser dans le snowboard ?

Je me suis déjà posé la question, mais je n’ai pas trouvé les réponses. J’ai toujours été un peu enfant gâté car j’ai commencé le snow et eu des sponsors très jeune. J’ai donc toujours fait un peu ce qui me plaisait. Ca me ferait chier d’avoir un boulot sans liberté avec des horaires fixes. Mais je veux encore profiter à fond de mes années de riders et on verra bien après. De toute façon je suis le meilleur rider français de tous les temps comme c’est écrit dans le titre, donc je vais tout niquer quoi qu’il arrive, même Yannick Noah ne m’arrive pas à la cheville. (NDLR : Une phrase de cette interview a été rajoutée, à vous de trouver laquelle)

 VDLR 2 - photographe CAM HUNTER

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