Saturday 25th June 2022,
Bangingbees

Julien Haricot est young forever !

admin 1 octobre 2013 Honey Bees, Interviews Commentaires fermés sur Julien Haricot est young forever !
Opening

©Perly/Bataleon

Julien Haricot aka L’Arrogs a connu le star système du snowboard français. Le côté business de l’industrie avec Bataleon. Il est maintenant dans l’événementiel avec l’organisation du Reels, ce qui est logique vu son côté encyclopédie des vidéos de snow. Larrog a plusieurs casquettes, mais elles ont toutes en point commun sa passion pour le snowboard. En attendant la deuxième édition du Reels qui commence ce vendredi 4 octobre à Annecy, on a parlé passion, blessure, Psykopit, vidéos, boulot, avenir et fiesta avec Larrog et il a des choses à dire !

Commençons par les mauvaises choses. Tu t’es salement blessé l’hiver dernier. Qu’est ce qu’il t’est arrivé ?
Comme d’habitude, l’histoire est toute conne. J’ai fait un back flip en slow motion sur une table de park en fin de journée. Je n’étais pas très concentré, j’ai tourné trop lentement et je n’ai pas eu le temps de finir la boucle. Du coup j’ai été bloqué net avec mon genou planté dans la neige alors que le reste de mon corps continuait de tourner ! Résultat : Fémur pété net. Hélico, morphine, hosto pendant 2 semaines, 2 opérations et tout le reste… “Je suis trop vieux pour ces conneries” comme dirait Danny Glover dans L’Arme Fatale ! C’est juste un vrai coup de mal chance car j’ai du faire 10 fois le même trick dans la journée. Mais bon, dernière descente avec les copains avant l’apéro, fatigue de fin de journée, une grosse caisse la veille… Et voilà quoi ! J’ai été immobilisé chez moi à Lyon jusqu’en Avril et je me remets tout doucement. Pas de snow avant la saison prochaine ou de sport avant 6 mois. C’est un peu comme une rupture des ligaments croisés en ce qui concerne la durée de la convalescence. J’ai du rester 45 jours immobilisé sans mettre le pied à terre, 3 mois de béquilles, un peu rééducation et c’est reparti. Je verrai bientôt si je peux encore agiter ma vieille carcasse sur un snowboard !

Tu ridais toujours de grosses tables ou tu étais en semi retraite ?
A bientôt 33 ans, ça fait déjà un moment que je suis en semi retraite ! Depuis que j’ai commencé à bosser pour des marques et du coup à moins rider. Mais j’aime toujours autant rider des grosses tables sauf que maintenant ça passe parfois beaucoup moins bien qu’avant… D’ailleurs je n’arrive plus à faire une saison sans me péter un truc. L’année dernière c’était un poignet éclaté à Oslo, puis une talonnade aux US, il y a 2 ans une autre talonnade aux US. Il ne fait pas bon vieillir !

Tu es toujours aussi passionné ?
Je vis une true-romance avec le snowboard. Il y a des hauts et des bas, mais la passion prédomine toujours.

Qu’est ce qui t’a donné envie de commencer le snow ?
C’est ma mère ! J’avais 10 ans et je ne voulais plus faire de ski, je trouvais ça chiant à mourir. Du coup ma mère m’a parlé de ce nouveau truc qu’on appelle le snowboard et elle m’a inscrit à une semaine de cours en 1990. Après la première journée j’ai vraiment détesté. Mais après 3 jours je voulais vivre que pour ça ! Comme quoi il faut toujours écouter sa mère… Puis j’ai été fasciné par les crew de riders de l’Alpes d’Huez de l’époque. Ils ridaient en bande avec des baggies et des styles de malades. J’étais un merdeux à côté d’eux mais je les suivais partout.

Larrogs_BS7

©Bataleon

Qu’est ce qui donne envie aux jeunes de commencer le snow et pas le ski de nos jours à ton avis ? Tu penses que le snow fait toujours rêver ? Quelle est ton analyse sur la nouvelle génération en France ?
J’espère bien que le snow fait toujours rêver les plus jeunes, sinon on est dans la merde ! Je pense qu’il y a un vrai potentiel de jeunes riders en France et que la relève est belle et bien là  avec des Ben Thomas-Javid, Victor De Le Rue, Niels Schack, Victor Daviet, Enzo Nilo, Hugo Maréchal, Félix Cadioux, Boris Mouton, Johan Baisamy, Laurent Duhalde, Théo Declerk… Il a aussi la génération au dessus avec les Arthur Longo, Valérian Ducourtil, Gérome Mathieu, Poulpy… Je pense qu’il y a vraiment de quoi faire et que le snowboard français à encore de beaux jours devant lui !

l'arrogs-rock-drop-lake-tahoe-

©Perly/Bataleon

L’époque Psykopit ça te manque ? Tu as l’impression que c’était une sorte d’âge d’or du snowboard français ou plutôt votre âge d’or ?
L’époque Psykopit n’était pas l’âge d’or du snowboard français, mais c’était le nôtre ! Nous n’avons jamais eu la prétention d’avoir inventé quelque chose de nouveau. Mais à cette époque on commençait à sérieusement se faire chier dans le snowboard. Ca devenait de plus en plus sérieux et aseptisé et de moins en moins rock’n’roll. Et on est arrivé en se marrant et en faisant nos conneries. Nous n’avions pas que des amis mais on s’en foutait complètement. Tant mieux si ça faisait chier certaines personnes car ça voulait juste dire que ça marchait ! La toute première vidéo Psykopit était sensée rester dans le cadre des potes, mais on s’est complètement fait submerger par l’ampleur du truc. Mais ça nous plaisait et on a joué le jeu à fond, pour le meilleur et pour le pire.

Vous étiez ultra présent dans les médias  à l’époque et du coup pas mal critiqués. Vous avez eu des altercations avec d’autres riders ? Avec le recul, tu penses que les critiques étaient un peu méritées ou qu’il s’agissait surtout de jalousie ?
C’est vrai qu’on a pas mal squatté les médias. Ce n’était pas du goût de tout le monde dans l’industrie. On en faisait parfois un peu trop, mais c’est ce que les gens attendaient de nous et cela nous faisait bien marrer. Alors pourquoi ne pas en profiter ? Et on a aussi aidé pas mal de riders à sortir de l’ombre. On ne pensait pas qu’à notre gueule. Il y a eu cette espèce de fausse guerre avec le crew Advita, qui était entretenu par les médias. Ca a créé du buzz à la fois pour eux et pour nous, alors que l’on est tous potes, avec plus ou moins d’affinités entre certains riders. Je n’ai jamais eu d’ennemie, mais tu ne peux pas être pote avec tout le monde. Comme le dit Wayne dans Wayne’s World :  « Garth, même Led Zep’ n’a pas fait de chanson universelle, ils ont laissé ça aux Beatles ! ».

Tes années avec Ero One, ça reste aussi un bon souvenir ?
C’était une période dingue qui m’a remotivé à rider et à filmer. J’étais l’ainé de la bande et ils me poussaient tous à fond pour que je rentre mes tricks. Le trip aux US avec Tim Cachot, Maiko Nicolet, Max Delayen, Perly et Thomas Muller pour la Stick’Em Up est un super bon souvenir. Un mois de fou aux US entre l’Utah, le Nevada et la Californie. J’ai quasiment filmé toute ma vidéo part là-bas et on s’est vraiment marré. C’est  dommage que Vince Pages  et Florent Marot soient obligés d’arrêter de produire des vidéos, parce qu’elles étaient un vrai bol d’air frais dans l’industrie. Mais comme toujours, c’est une histoire de budgets, de sponsors, de temps…

Ta reconversion dans l’industrie tu l’as toujours souhaité ou ça t’est tombé dessus par hasard ? Tu te vois faire ça toute ta vie et devenir un big boss de l’industrie un jour ?
Ce n’était pas du tout prévu. Paradoxalement j’étais une des seuls Psykopits qui ne voulaient surtout pas se reconvertir dans l’industrie. Et puis les hasards et les choses de la vie ont fait que je suis resté dedans. Comme quoi il n’y a vraiment que les cons qui ne changent pas d’avis. Du coup je n’ose plus rien dire pour la suite. Mais je dois dire que cette nouvelle aventure personnelle avec le festival The Reels me tient vraiment à cœur.

Tu peux nous expliquer ce que tu fais pour Bataleon et Skullcandy ?
Pour Bataleon Snowboards et Swichback Bindings, je suis essentiellement team manager international, mais également team manager France, UK, Belgique, Islande, et Hollande. Ainsi que marketing manager France pour Bataleon Snowboards, Switchback Bindings et Losbter Snowboards. Ce qui est déjà pas mal ! Pour Skullcandy, je suis dorénavant action sports consultant et team manager Europe ainsi que marketing manager pour la France. Bref entre tout ça, plus le festival The Reels et les contests TTR que je juge, je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Je passe ma vie l’oreille collée à mon portable et les yeux rivés sur mon ordi. Donc je n’ai pas beaucoup de temps pour rider, mais je me débrouille. C’est cool de voyager, mais il m’arrive parfois de ne pas rentrer chez moi pendant plus d’un mois, ou de ne pas avoir de week-end de libre pendant 5 mois.

Larrogs-Team

©Bataleon

Tu nous disais avoir horreur de devoir te séparer de riders et que ça n’a pas été facile lorsque tu as dû l’annoncer à des riders dont tu adores le style comme Deadlung, Eric Messier ou Ben Rice. Pourquoi est-ce nécessaire de prendre ce genre de décision ?
Certains riders deviennent des potes avec le temps donc c’est vraiment dur de faire ça. Ces décisions viennent souvent de plus haut, mais c’est à moi de faire le sale boulot. J’essaye toujours de défendre mes riders, même quand ils ont fait des conneries. Si l’un d’entre eux passe une nuit en prison, je serais là pour venir le chercher ! Par contre certains riders ne foutent plus grand chose après un moment. Ils sont juste là pour te demander du matos et leur chèque de fin de mois, sans pour autant faire leur job de leur côté. Ca a été le cas de Deadlung à l’époque, avec qui j’avais pourtant pas mal d’affinité.

Bosser dans l’industrie du snow, tu le conseillerais à un jeune que ça fait rêver vu de l’extérieur ?
Ca à l’air fun comme mais c’est loin d’être comme se l’imaginent les djeunz. Il y a de bons moments lorsqu’on se retrouve tous ensemble sur les events et qu’on s’amuse vraiment en ridant, en discutant ou en faisant la fête.  Mais c’est devenu beaucoup plus sérieux ! C’est l’évolution normale. L’industrie du snow est arrivée à maturité. C’est fini l’âge d’or pré-pubère.

Qu’est ce qu’il manque actuellement dans le snowboard ? Quelles sont les grandes évolutions que tu vois arriver ?
Ce n’est pas la fête en ce moment dans l’industrie du snow, même si les choses sont loin d’être catastrophiques. Il y a de bonnes initiatives, mais on attend une certaine révolution. Le snowboard a du mal à se renouveler comme il y a quelques années. Il y a moins d’argent, donc moins de marketing, les riders ont moins de budget du coup il se passe moins de choses intéressantes et attractives. J’espère que ça va évoluer dans le bon sens, mais je n’ai pas la solution miracle !

l'arrogs-bs-3-road-gap-lake-tahoe-2

©Perly/Bataleon

Tu as d’autres projets professionnels ?
Il y a bien entendu la 2nd édition de The Reels le 4, 5 et 6 Octobre toujours à Annecy. Je suis également sur un projet de bouquin avec 2 potes. Ca concerne toujours le snowboard, mais c’est encore un peu trop tôt pour en dire plus !

Comment es né The Reels ?
The Reels est la chose la plus intense que j’ai jamais faite ! Je suis à l’initiative et aux commandes du projet avec Gaylord Pedretti et son équipe de Like That et Aissam Dabbaoui. Je ne vais pas dire que c’est moi qui ai eu l’idée, puisque Gaylord y avait forcément pensé ultérieurement en organisant l’IF3, mais disons que je lui ai proposé qu’on organise un festival du film consacré au snowboard. C’est allé très vite. Nous sommes partis aux US tous les 2 pour le SIA et les Transworld Award pour lui montrer ce qui se faisait de mieux dans le genre en snowboard. On en a parlé sur place à quelques personnes importantes comme Peter Line, Java Fernandez, Bobby Meeks, Transworld, Pat Bridges… Et tout le monde paraissait emballé par le projet. Du coup, on  s’est lancé une fois rentré en France et on a bossé comme des fous pendant 8 mois. J’ai réalisé ce que nous avions réussi à accomplir seulement 3 jours après la fin du festival. J’étais à cran pendant toute la durée du festival et pendant tout le mois précédent The Reels. Sur le coup je ne me suis vraiment pas rendu compte de ce qui se passait. Lorsque des gars comme Peter Line, Danny Kass ou Ingemar Bakcman te disent que c’est l’event qui manquait au snowboard, je pense que l’on peut dire que c’est une réussite. Pour cette deuxième édition qui arrive je suis super stressé et excité en même temps !

l'arrog-WALL-salt-lke-blad

©Perly/Bataleon

Tu es toujours autant passionné par les vidéos ? Penses-tu que la profusion de vidéos web va tuer les grosses vidéos tournées sur toute une saison ?
Je suis toujours un nerd  de vidéo. L’an passé j’ai vraiment aimé  Unique 8  des Pirates avec la part de folie de Kalle Ohlson. L’évolution n’est pas évidente, c’est dur pour les productions de se réinventer chaque saison. Elles essayent d’innover mais pas facile de faire une bonne vidéo en sortant du schéma classique. Et tout ce que j’attends d’une vidéo c’est de montrer la part complète d’un rider. Après il y a différentes façons d’innover et d’amener une vidéo part.

En ce qui concerne cette profusion des vidéos webs, je suis assez mitigé. Ca fait parti du snowboard actuel et on doit faire avec mais il y en a trop je trouve. Mais c’est aussi la mort des vraies productions de snowboard ! 2 super productions ricaines comme People et Standard Films ne font pas de vidéos pour cause de budget cette saison. Et c’est pareil en France avec Ero One et Hara Kiri qui s’arrêtent. Mais je pense que c’est une histoire de boucle et de recommencement et qu’il y aura à nouveau plus de vidéos de snowboard et moins de web series. Je l’espère !

Tes 5 vidéos parts préférées de tous les temps ? (Cliquez sur la part pour avoir le lien)

Ingemar Backman -Melt Down Project 

Devun Walsh – Simple Pleasure 

Peter Line – Resistance 

Chris Dufficy – True Life 

Darrel Mathes  – Love /Hate

Mais il y en a plein d’autres que j’aurais envie de mettre aussi :
Joel Mahaffey – Luminous Lama , Jamie Lynn – TB3 , Bryan Fox – We are People Too , Nima Jalali – Some Kinda Life , Travis Parker –  Afterbang, Louie Fountain – Down With Peole , Gigi Rüf – Destroyer , MFM – Back In Black , Jeff Anderson –  Back In Black , Danny Kass – Revenge Of The Grenerds

Les 3 riders français à suivre d’après toi ?
Laurent Duhalde, Théo Declerc et Antoine Baduel qui est mon poulain chez Bataleon !

Tes 3 clips préférés ?

« Veni Vedi Vici » des Black Lips

« Praise You «  de Fat Boy Slim ( produit par Spike Jones)

« When I got High with You » de Coolrunnings

Tu fais toujours la fête comme à l’époque Psykopit ?
Qui en doute ? Je me suis un peu assagi vu les responsabilités que j’ai dorénavant et j’arrive à me raisonner pour avoir des limites, alors qu’il y a quelques années je n’aurais même pas pris le temps de réfléchir 2 secondes. Mais j’avoue être resté très spontané et lorsque ça doit arriver ça arrive ! On abuse encore parfois un peu beaucoup du goulot. On n’est jamais à l’abri d’une embusacade. « Young forever ».

IMG_1753

©Perly/TheReels

Like this Article? Share it!

About The Author

Comments are closed.