Bangingbees

C’est quoi Classic Snowboarding ?

admin 22 octobre 2018 Commentaires fermés
Classic Snowboarding

Les créateurs de Classic Snowboarding, Julien Haricot en combi jaune et Julien Joud avec son idole Jamie Lynn

Depuis quelque temps, un compte Instagram du nom de Classic Snowboarding distille du contenu incroyablement qualitatif tout droit sorti des 90’s. Archives photos et vidéos, anecdotes, connaissance parfaite du sujet, tout y est et c’est pointu. Derrière cet amour du snowboard vintage se cache deux riders bien de chez nous : Julien Haricot aka Larrog, qu’on ne présente plus vu qu’il n’a pas eu une mais deux interviews sur ce site et Julien Joud, le réalisateur des vidéos Psykopit. On est allé poser quelques questions à ces 2 amoureux du snowboard des 90’s pour en savoir plus sur Classic Snowboarding, qu’on vous encourage vivement à suivre sur Instagram.
www.instagram.com/classic_snowboarding/

Qui est derrière ce projet et comment est-il né ?

JH Julien Joud et moi parlions depuis longtemps de faire un bouquin ensemble sur le snowboard dans les 90’s car ce sont les années qui nous ont le plus marquées. C’est la période pendant laquelle notre passion était la plus forte même si on reste toujours des putains de passionnés ! A nous 2, on avait tous les magazines, toutes les vidéos, on allait même jusqu’à commander magazines et VHS directement aux US. On connaissait les mags et les vidéos sur le bout des doigts, des vrais geek du snowboard.

JJ On a collecté un tonne d’archives comme beaucoup de monde à cette période : les VHS Pal ou NTSC, des magazines Transworld, Blunt, Freestyler, Flat, des stickers… Puis on s’est dit qu’il fallait regrouper tout ça dans un livre, avoir notre propre coffe table book. Vianney Tisseau qui a capturé des moments incroyables nous a ouvert ses archives et filer quelques contacts, donc ça nous a boosté.


Voir cette publication sur Instagram

The young snowboard generation probably didn’t hear about Franck Screm. But in the 90’s, Franck was absolutely one of the most talented rider on the international snowboard scene. He was so ahead of his time: that flow and the incredible talent he had. Franck tragically passed away too early in 2005. We will remember for ever his famous slob air, his incredible pop, his tight stance and his solid landings which made his style unique. RIP Franck ❤️ // Freestyler Magazine, Autumn 1995, Issue 3 // : @scalpfoto All credits goes to @scalpfoto and @fredavecdeuxd #classicsnowboarding #freestylermagazine #franckscrem #scalp #cover #hero #RIP #frenchlegend #method #duotonesnowboards #quiksilver #briko #analogphotography #les arcs #frenchalps #1995 #snowboarding #fishpaw #classicrider

Une publication partagée par Classic Snowboarding (@classic_snowboarding) le

Quels sont les projets qui vont suivre en plus de l’Instagram ?

JH On a déjà commencé à bosser sur un livre il y a 4 ou 5 ans avec l’aide de beaucoup de photographes de l’époque et de notre pote Jeff Gaudinet qui s’occupe de tout ce qui est graphisme et design. C’est lui d’ailleurs qui a fait notre logo Classic Snowboarding. On a mis un peu le bouquin en standby pour l’instant. C’est aussi une histoire de temps libre et le problème c’est qu’on court tous les deux après le temps et on ne vit pas dans la même ville. Tous ces paramètres ont rendu l’histoire du bouquin un peu compliqué mais on va s’y remettre. Du coup avoir créé l’Instagram Classic Snowboarding, qui est d’ailleurs une idée de Julien, nous permet de toujours avoir le nez dedans. On se marre comme des gosses lorsqu’on choisit les photos et qu’on écrit les textes. On échange constamment par texto, c’est notre truc à nous, notre connexion quotidienne qui nous rappelle pourquoi on l’aime cette planche à neige. En fait le compte Instagram c’est juste un pense bête pour qu’on oublie pas cette histoire de bouquin.

JJ Le compte Classic Snowboarding est le petit frère du livre. Il nous permet surtout de prendre la température et voir comment la communauté réagit à nos posts. Nous n’avons pas un nombre incroyable de followers mais on est connecté avec tous les riders et photographes de cette époque qui interagissent et commentent les sessions. Au final c’est ce que l’on recherche : Raconter une histoire ou anecdote croustillante sur chaque post.

Vu que les 90’s sont à la mode dans la musique, les fringues, le skate et d’autres domaines, pensez-vous qu’on va avoir droit à une grosse tendance 90’s dans le snowboard ? Pensez-vous que le baggie coupé à la cheville, la grosse chemise en flannel, les fixs baseless et les spoilers coupés vont revenir ?

JH C’est cyclique tout ça, les modes se créent, puis disparaissent et reviennent. Le baggie et les chemises à flannel reviennent au gout du jour, voir même les coupes de cheveux décolorées. Tout revient mais toujours avec une petit touche d’évolution et de modernité. Je vais prêcher pour ma paroisse car je travaille pour eux mais à propos des spoilers coupés, une marque comme Switchback Bindings propose de rider avec ou sans spoiler et ça c’est vintage moderne. Toutes les modes que ce soit celle du slim, baggie, punk, hip-hop, ça fait vivre le snowboard et c’est fun.

JJ Les années 90 étaient tellement riches en terme de style et de créativité que tout revient et se revisite. Quand je vois ces nouveaux shape de boards ca me rappelle les boards Morrow Spoon de l’époque avec les nose coupés en forme de cuillère et les fish board ressemblent à ce que Jimmy Peresson ridait y a 20 ans. Pour les fringues je pense que c’est pareil. L’esprit est toujours là, chacun a son style de ride et de look. Il suffit de regarder sur le park de la John Doe aux Arcs. Chacun a son style, vieux ou moderne mais il y a comme avant un esprit de liberté. On ne veut surtout pas tous se ressembler comme dans les écoles de ski.

Pensez-vous que les 90’s soit vraiment l’âge d’or du snowboard où est-ce seulement une impression car cette période correspond à l’époque où votre génération de rider a découvert le snowboard?

JH C’est vrai que c’est peut-être pas très objectif de considérer les 90’s comme l’âge d’or mais c’est notre vision. C’est l’époque à laquelle on a commencé le snowboard et il y avait encore tout à faire. On ne dénigre pas du tout les tricks incroyables des riders actuels. Bien au contraire, on veut juste un peu montrer ou rappeler aux gens comment tout à commencer.

Pourquoi pensez-vous que les Powder & Rails de Vice qui étaient pourtant super bien faits et parlaient du snowboard des 90’s se soient arrêtés alors qu’ils continuent la série Epicly Later’d dans le skate ?

JH Et bien tout simplement parce que le snowboard intéresse beaucoup moins de monde que le skateboard. C’est bien normal, le skateboard ça se pratique en ville et non à la montagne avec un forfait à 50 balles. Le skateboard est un lifestyle urbain qui n’en finit pas de grossir, se faisant même copier par l’industrie de la mode. Et tu ne peux définitivement pas comparer le nombre de gens qui font du skateboard et ceux qui font du snowboard.

JJ Je suis déçu que cela ne se reconduise pas. C’était top, ils auraient pu en faire d’autre, il y avait vraiment matière. Vice le traitait bien avec son esprit, jusqu’au titre « Powder & Rails », il fallait le faire ! Mais le skateboard est beaucoup moins élitiste que le snowboard et avec le réchauffement climatique on va réellement être des dinosaures en voie de disparition. Je le vois bien avec mes collègues au bureau qui font De Paris YearBook.  Ca tourne moins en rond dans le skate. Ca touche aussi l’architecture des villes, l’urbanisme, le graphisme, la musique et tout se mélange et beaucoup de genres le récupèrent bien ou mal mais ça touche beaucoup plus de gens.

Comment compareriez-vous les 90’s aux années 2000 et 2010.

JH Le snowboard est devenu un vrai sport dans les années 90. L’évolution était rapide mais les tricks restaient accessibles. La progression a été fulgurante dans les année 2000 jusqu’à maintenant où les tricks sont complètement surréalistes. C’est normal et c’est la suite logique des choses, je ne le critique pas. C’est juste qu’on ne peut plus s’identifier. C’est rare de voir des tricks qu’on aimerait faire en ridant avec nos potes. Maintenant tu vas sur le net, tu regardes une part de dingue et tu prends ta claque sans jamais envisager pouvoir un jour faire la même chose. Le niveau en snowboard est devenu élitiste. Mais ça fait du bien de voir des vidéos avec des tricks plus accessibles de temps en temps. Ce qui est dommage c’est qu’on avait les VHS dans les 90’s, les DVD dans les années 2000 et plus de support physique vers 2010

JJ  Je crois que comme toute pratique, les débuts sont sans limites. Ca explore dans tous les sens, tricks, matériel, events, style et après ça tourne un peu en rond. Pour faire mon vieux con, à l’époque il y avait une attente à la sortie d’un magazine ou une vidéo. Ca laissait une empreinte dans la tête. On décortiquait une vidéo en appuyant sur pause et on tentait de refaire pareil le lendemain sur sa board. Aujourd’hui on « like » un contenu et 3 jours après on ne s’en rappelle plus. Tout fout le camp!

 

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

To say that Peter Line is a legend would be a vast understatement. Peter Line was a rider’s rider. All the other pro snowboarders did look to him to see what was coming down the pipes. He had re-written the style dictionary. The tricks he hadn’t invented, he’s improved Pee was well known for standout video parts each year, and his video part in the famous Mack Dawg Productions movie « Melt Down Project » in 1995 is definitely a golden one !!! Just follow the Peter’s flow, style and creativity on the mellow Number One Cup song « Strange & Silent Staircase » All credits go to @peetard and @mackdawgproductions . . . #giveFORUMtoPeter. #PeterLine #classicsnowboarding #classicrider #snowboardlegend #Snowboard #SnowboardVideo #MackDawgProductions #MetlDowProject #Division23 #NumberOneCup #StrangeAndSilentStaircase #1995 Une publication partagée par Classic Snowboarding (@classic_snowboarding) le

Votre top 5 des riders des 90’s ?

JH Waouh seulement 5 ! Bon ça donnerait :

1-Peter Line 2-Jamie Lynn 3-David Vincent 4-Ingemar Backman 5-Franck Screm

Et aussi Devun Walsh, Nicolas Droz, Keving Young, Wille-Ily Luoma, Joni Makinen, Blaise Rosenthal, Jesse Hyvari, Nate Cole, Dave Lee, Juha Tenku, Daniel Franck (période K2 et Atlantis), Romain De Marchi, Darius Heristchian, Jimmy Peresson, Dom Corti…

JJ Question piège mais le voici :

1- Jamie Lynn 2- Nate Cole 3- Johan Olofsson 4- Devun Walsh 5- Franck Screm

Et aussi la liste des riders que l’on souhaite inclure dans le livre : Babs Charlet, Roan Roger, Todd Richards, Terje Haakonsen, John Cardiel, Noah Salasnek, Dale Rehberg, Todd Schlosser, Steve Graham, Jason Brown, Jeff Brushie, JLA, Mathieu Vanoo, Victoria Jealouse, Nicola Angelrath, Paavo Tikkanen….

Votre top 5 des vidéos des 90’s ?

JH 1-Melt Down Project (MDP)   2-Snow (Shorthy’s)   3-Simple Pleasure (MDP)   4-TB3 (Standard Films)   5-The Garden (Volcom)

JJ   1- The Hard, The Hungry, The Homeless (MDP)   2-The Garden (Volcom)   3- 8 Tracks ( Cinema Seaone)   4- Lil Bastards (Wildcats)   5- Road Kill (FLF films)

Votre top 5 des marques des 90’s qui n’existent plus ?

JH 1-Shorthy’s Snowboards   2-Forum Snowboards   3-Millenium Three Snowboards   4-Division 23 Snowboards   5-Joyride Snowboards   Et Atlantis Snowboards en bonus.

JJ   1- Type A   2- Arnet   3- SMP   4- Dub   5- Peach   Ainsi que Blunt magazine et Freestyler magazine.

Si vous deviez résumer le snowboard des 90’s en 5 mots ?

JH Punk, baggie, Mountain High 96, VHS, magazines.

JJ REGARDES NOTRE PAGE CLASSIC SNOWBOARDING

 

 

 

Voir cette publication sur Instagram

 

That crew was fu*k*** awesome, for sure one of the most influential in the 90’s. Nate Cole @uniquecaliforniaproperty Jake Blattner @jake_blattner Dale Rehberg @iamdalerehberg All credits goes to Mack Dawg Productions @mackdawgproductions for ‘Upping the ante’ released in 1993 Nate Cole: “Oh man. Salad days. Sharing a studio apt in Breck with Jake Blattner and Dale Rehberg. $20 in my bank account and not a care in the world. Snowboard Sleep Repeat. Yes after this video Type A started up. It was by Mike Ternasky of Plan B skateboards, with help from Circus Distribution (Ken Block and Damon Way of Droors). It was decided that it should be called Type A so that it could stand on its own alongside Plan B. I met so many people in these days that are still friends. It always blows my mind to think of how many rad individuals were congregated in such a small area for this time. Mikey Leblanc. Roan Rogers. Stevie Alters. Matt Donahue. Dave England. Jeff and Kurt Wastell. Matt Smith. Chad Schnacky. J1 and J2. Adam Merriman. On and on” @17is @2plankerwanker #Joyride #NateCole #stylish #ClassicRider #ClassicSnowboarding #JakeBlattner #DaleRehberg #RoanRodger #TypeAsnowboards #mackdawgproductions #UppingTheAnte   Une publication partagée par Classic Snowboarding (@classic_snowboarding) le

Quel serait l’élément que vous retiendrez du snowboard dans les 90’s ? Que ça soit un trick, un vêtement, une musique, un spot, un rider, une photo, une vidéo, un magazine…

JH Ca serait plus un souvenir en fait. C’était en 1992, j’avais 12 ans, j’étais à l’Alpes d’Huez et je vois toute cette bande d’énergumènes en bas des pistes avec des snowboards mais surtout avec des baggies et des coupes de cheveux pas possible avec l’attitude « je m’en bas les couilles » qui va avec ! Et je me suis dit : « Wahou, ils sont trop cools je veux être comme eux ! ». Et puis voilà ces gars-là sont devenues des potes. Je pense à Kelly Guillot sans qui je n’aurais pas ce stupide surnom, Stéphane et Yannick Robert, Aurélien Richard, Pépé, Tanguy Evrard, Mickael « Jason » Plasse, Greg Kechichian, David Vincent, David Grataloup, Jérome et Mathieu Novat, Caps, Les Loon Dumoulin, Elie, Xavier-Loic, Lorenzo, Jürgen et Karl, Thomas Riondet, Childeric, Thomas Vaugany, Nart, Guillaume (RIP), Seb Marcq, Antoine Sirand, Ben Tchakchouk, Adrien Cathiard… et j’en oublie.

JJ Pareil, je prendrais un bon souvenir comme la fois où avec mon pote Adrien Cathiard et mon cousin Tom Riondet on a débarqué à Mt Hood en summer camp, en 1994. On arrive le premier matin sur le park bien béton et on découvre les modules. C’était l’Amérique : mail-box, quarter de face, mini pipe, moyen pipe, vrai half-pipe et un gros big air, pas terminé avec un trou au milieu. On se dit « c’est cool par contre ils n’ont pas terminé le big air, ils font chier sérieux ». Puis Todd Richards débarque et envoie un 720 back indy first try plaqué nickel et on apprend en même temps que ça s’appelait un gap. Là on se regarde et on se dit que c’est chaud. Une fille débarque et nous crie « come on guys, go straight ». Elle passe devant nous à fond, se loupe et se prend le mur d’en face. On se marre à la française et un ricain derrière qui attend nous met la pression « let’s ride frenchies » ! Bon, on y est tous allé, plus ou moins bien…


Voir cette publication sur Instagram

One of the true classic snowboard films worthy of a spot in any shredder’s collection: Volcom’s The Garden. The Jamie Lynn’s section, cut to the mellow vibes of Neil Youngs ‘Heart of Gold’ is one of the most iconic snowboard section of all time Filming during a road trip to Mt Baker, Brighton, and Loveland. It’s impossible to watch this part and not get stoked to ride. It’s just the perfect video part before to end this year !!! All credits go to @jamielynnart @volcom @libtechnologies @dragonalliance @jamiemlynn @sessionsmfg @mtbakerskiarea . . . #JamieLynn #classicsnowboarding #classicrider #snowboardlegend #Snowboard #SnowboardVideo #Volcom #TheGarden #Session #LibTechnology #NeilYoung #Harvest #1994 #RoadTrip #MtBaker #Brighton #Loveland #Veeco #jlaissnowboarding

Une publication partagée par Classic Snowboarding (@classic_snowboarding) le

Le snowboard c’était mieux avant ?

JH On ne peut pas vraiment dire ça au risque de passer pour des vieux cons nostalgiques. Disons simplement que c’était différent. Ce n’était pas un sport mais juste une façon de vivre. Mais heureusement ça l’est encore pour certaine personne. Pour nous, le snowboard c’est la base, que ce soit avant ou maintenant.

JJ C’était différent. Quand je vois la part d’Halldor Helgason dans Arcadia ou l’edit SHE d’Arthur Longo et Olivier Gittler, je me dis qu’il restera toujours des gars avec du génie et de la fraicheur pour donner envie de rechausser notre planche à neige.


Use Facebook to Comment on this Post

Like this Article? Share it!

Comments are closed.